Trails courts de montagne

L’adjectif ‘court’ s’applique usuellement aux distances inférieures à 40km. Quand à la classification ‘montagne’, elle évoque un dénivelé significatif par rapport à la distance parcourue. En clair, il faut grimper … et descendre, pour faire chauffer les quadriceps et préparer la saison de ski de fond.

SkyRhune (Ascain en aller-retour, Pyrénées; 20km, D+ 1450m) – version offroad et un peu écourtée

Il faisait grand soleil depuis plusieurs jours mais les détours inférieurs du chemin étaient gorgés d’eau. La Rhune est en ligne de mire mais l’itinéraire change plusieurs fois de flanc de montagne et emprunte un grand tour avec moult montées et descentes avant de s’approcher du sommet: c’est interminable. Quand enfin on atteint le point le plus haut (la gare du train à touristes) et on peut attaquer la descente, on n’avance pas plus vite qu’à la montée: terrain assez technique, très caillouteux, assez raide et totalement paumatoire faute de balisage sérieux / d’indication claire: montre GPS avec itinéraire pré-programmé obligatoire si vous voulez retrouver la voiture! Il paraît qu’en plus le brouillard peut s’inviter sans prévenir… bref, il faudrait presque partir avec le bivouac dans le sac!

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Quand même, quelques belles vues sur la mer.

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Et cette bosse se voit depuis si loin dans la plaine qu’il faut sans doute la cocher. On cherche la motivation où on peut….

Femina Race Annecy (17km, 900m) 

L’événement est prestigieux (la célèbre Maxi Race), le cadre est prometteur (montée sur les crêtes pour admirer le lac!), l’ambiance est présumée détendue (course réservée aux femmes), et la déception à la hauteur des attentes créées… Un festival victime de sa notoriété (et de l’appât du gain des organisateurs et d’autres?)

L’organisation vend 500 dossards au lieu des 300 annoncés sur son site web. Il y eut plus de 400 partantes en 2018. Le problème est que le tracé n’est pas du tout adapté à un nombre aussi grand de trailers : il emprunte des descentes si abruptes et glissantes que l’on doit utiliser les cordes fixes en place, ce qui crée évidemment d’incroyables bouchons. Placée au premier tiers du peloton, j’ai attendu 20 minutes, immobile, au premier bouchon…

Sans oublier le lot remis à l’arrivée, une ceinture qui pèse aussi lourd qu’un âne mort, pour ranger… des clés ? Qui restera au mieux dans l’armoire, ou qui passera direct à la poubelle… comme la bière offerte avec le dossard… Même si le tout est estampillé ‘Maxi Race’… Cerise sur le gâteau, les tarifs prohibitifs d’hébergement ce week-end là : un grand nombre de locaux tirent abusivement partie du système, comparez les prix le week-end avant ou celui d’après pour vous en rendre compte. Maxi-Race, vous dit-on…

Trail du Fournel (23km, 1300 D+)

Au départ de l’Argentière la Bessée, (Hautes Alpes) on remonte l’entrée du vallon du Fournel puis on bifurque par une montée raide vers le col de la Pousterle où est situé le ravitaillement (barrière horaire souple) et la vue sur le massif des Ecrins. Descente du col, traversée au-dessus de la station de ski Puy Saint Vincent par un sentier qui suit des canaux, avant d’attaquer la remontée vers Narreyroux. Fontaine disponible au début de la descente vers le village de Vallouise, très roulante et bien agréable dans la forêt, avant l’arrivée sur la place de l’église.

De nombreux bénévoles, tout sourire et prompts à encourager. Des paysages magnifiques. Des lots sympa (tee-shirt, casquette). Un excellent moment !

Trail de la Fée (20km , 1300 D+)

La station des Deux Alpes organisait un festival ‘Outdoor’ en ce premier jour d’ouverture du ski sur glacier. Une ambiance bonne enfant, pas de puce de chronométrage, 90 partants, un Opinel en cadeau de bienvenue… Balisage excellent tout au long du tracé qui permet d’admirer à loisir les montagnes de l’Oisans, notamment l’élégante Muzelle et la plus austère Lauranoure dans sa seconde partie, et les Fétoules en fin de parcours avant de rejoindre la station pour l’arrivée. Pas de goulets d’étranglement, rapidement la montagne pour soi tout seul, des ravitaillements bien répartis, une descente parfois raide et technique, des bénévoles souriants… Une température raisonnable malgré un grand soleil. Un vrai plaisir, en somme ! Attention toutefois à l’altitude (entre 1700 et 2700m)

Pralo vu du ciel (Vanoise, version écourtée à 20km et 1400 D+)

Si on s’affranchit du dossard et qu’on se décale de quelques jours par rapport à la date de la course, on peut éviter la première partie du parcours : il remonte le vallon à côté de la route et ne présente qu’un intérêt limité. Le départ se fait alors au dernier parking alors que l’itinéraire s’éloigne de la route de fond de vallée. On attaque de suite la montée vers le premier col (Mône, 2533m), avec de suite de très belles vues sur les glaciers de la Vanoise et rapidement sur la Grande Casse. AU col, on slue le Mont Blanc que l’on gardera en ligne de mire un long moment. Redescente ensuite dans de belles combes, puis remontée plus ‘pierreuse’ vers le col de la Grande Pierre (2403m) d’où on suit une ligne de crêtes. Marmottes au rendez-vous. Encore un peu de neige et très faible affluence en début de saison. Balisage évident. Pas de possibilité de recharge en eau sur le tracé (en dehors de la date de la course).

Vars Mountain Trail (24km, 1600 D+)

Une température fraîche (9° en cette fin juillet) et belle ambiance au départ (des Claux, et non de Sainte Marie comme l’indique le site web), où le ‘traceur’ explique qu’il a placé une barrière horaire après deux heures de course pour nous inciter à ‘trottiner un peu, quand même, hein ?’… Il y en a deux autres, des barrières, incitatives sur le papier mais dont je ne suis pas sûre qu’elles aient été véritablement appliquées. Environ 240 partants, une première montée sur le base de la piste de ski fait la sélection et la mono-trace s’aborde sans problème en direction du col de Vars. Une femme vomit juste devant moi… Mais ça ne fait que 10 minutes qu’on est partis ?!

Du col de Vars, on bifurque vers le Paneyron, point culminant de l’itinéraire et lieu de la première barrière horaire. Une longue file de trailers se détache sur le ciel bleu, jolie vue !

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La descente du Paneyron est raide et lissante (très caillouteuse, bâtons fortement recommandés). Puis remontée sèche pour aborder une ligne de crête d’où les vues sur les montagnes avoisinantes sont très belles. Deux petits lacs, des névés et un terrain agréable et un itinéraire esthétique.

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Puis descente plein champs jusqu’au ravitaillement, bienvenu ! La chaleur s’accentue comme les heures défilent et l’altitude baisse. En fond de vallon, surprise : il faut remontre dans la forêt, pour un cumul depuis le départ qui excède ce qui était annoncé. Suit une descente jusqu’à la route, puis une ultime montée jusqu’au sommet d’un télésiège pour basculer dans une pente vers l’arrivée. Dommage, ces deux dernières montées qui font basculer le dénivelée positif vers un total proche de 1600m soit 200m de plus qu’annoncé. Ils sont difficiles psychologiquement, ces 200 mètres ! Et n’en déplaise au traceur, on y marche péniblement, on n’y court pas…

Merci aux nombreux bénévoles, très souriants et ‘supportive’. Lot : un tee-shirt, un gobelet plastique repliable.

Serre Che trail Salomon (24km, 1800 D+)

Trail effectué un mois avant la course officielle. Départ en forêt puis longue remontée du vallon de la Moulette, qui présente l’intérêt de rester assez longtemps à l’ombre mais paraît quand même interminable (1200 D+ depuis Monêtier). Vues sur les dômes de Monêtier et les Agneaux.

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Sentier escarpé pour franchir le col, descente abrupte… vous croiserez peut-être des groupes de randonneurs dont les bagages sont portés par des lamas ! Attention, cédez le passage, on ne sait jamais de quoi un lama énervé est capable (pas forcément pire qu’un yack, mais dans un registre différent…)

Descente le long d’un torrent vers le refuge du Chardonnet. Là, on peut s’accorder une récupération dans les transats installés face à la montagne, si on n’est pas pressés… Rechange en eau possible.

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On descend ensuite vers la vallée de la Névache. La suite de l’itinéraire est moins nette, par une traversée en forêt avec marécages qui rappelle les pays tropicaux… peut-être ai-je chargé un mauvais tracé GPX… On rejoint un parking d’où on attaque la raide montée vers le refuge du Buffère. Il commence à faire vraiment chaud et les mouches, attirés par le sel des heures de transpiration, s’en donnent à cœur joie…

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Recharge en eau possible à Buffère, puis on enquille le vallon sur une sente régulière et largement parcourue par des randonneurs qui ne semblent plus s’étonner de voir des gens pressés et essoufflés les talonner puis les doubler par quelques pas de chamois sur le côté du chemin.

Quelques cyclistes et véhicules 4×4 au col, une marmotte quand même, et une grande route pour descendre jusqu’à ce que l’itinéraire bifurque… Je suis alors convaincue d’avoir chargé un mauvais ficher GPX sur la montre. Le retour sur Monêtier a été une succession de descente plein champs, marécages, remontées pour attraper de vagues sentes, recherche de pois blancs sur des rochers, voire rouges, sensés indiquer le bon chemin mais trop discontinus pour ne pas s’égarer… Grrhhh… Je n’imagine pas le tracé de la course officielle se faufiler entre les ronces et traverser des ravines sans aucune marque de passage ! Je suis finalement bien contente de retrouver l’église de Monêtier alors que la température a bien (trop) monté!

Trail d’Albertville (27,5km, 1200 D+)

Trail de début d’automne couru sous une chaleur estivale (30 degrés). De jolis passage en forêt, de jolies vues sur la vallée, le Mont Blanc sur la partie finale, mais beaucoup (trop) de parties goudronnées. C’est sympa pour les supporters en voiture qui peuvent vous suivre sur une très grande partie du parcours mais ce n’est pas très agréable pour le coureur. Ravitaillement un peu juste (un seul avant l’arrivée, à 16km, pas très fourni) mais bonne humeur des bénévoles et de la partie la plus jeune du public au bord des routes, armée de trompes et cornes de brume qui mettent l’ambiance! Environ 230 partants, aucun goulot d’étranglement et un parcours tout à fait adapté à ce nombre de coureurs, on arrive à se trouver seul en forêt! Distance finale supérieure à la distance annoncée, dommage pour les hectomètres additionnels sur le goudron en pleine chaleur.

 

Plus de photos sur Photos trails montagne (qualité iPhone, soyez indulgents !)

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