Un séjour en Alaska de A à Z (part 2)

La suite de l’abécédaire…

N comme Népalais : chauffeur de taxi à Anchorage, ou volontaire chez les rangers du Denali, les Népalais sont aussi présents en Alaska!

059-AcclimatationWestButtressUn Népalais en promenade loin de chez lui

O comme Ours : blanc, brun ou noir, choisissez. Je n’ai pas trouvé de statistiques mais ils sont omniprésents en Alaska et l’on ne va pas marcher ou camper sans au minimum un spray destiné à leur faire peur et les éloigner. Ils viennent jusque devant les lodges. Une seule règle en cas de rencontre inopinée : faites du bruit, faites-vous plus gros que vous n’êtes. Surtout et malgré la tentation première, ne vous enfuyez pas en courant : l’ours pourrait vous considérer comme une proie en puissance !

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La pêche est bonne!

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Une maman craintive qui ne veut pas faire courir de risque à son ourson

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Celle-ci est moins craintive mais l’ourson est plus âgé

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Cette femelle n’était pas du tout craintive et voyageait seule sur la plage, comme le montre la vidéo suivante

 

Ours Polaire
Pour mémoire, la star du zoo d’Anchorage. si j’étais vous, je n’approcherais pas de trop près parce qu’il a une sacrée paluche…
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P comme Pancakes, sans gluten bien sûr. Une bien agréable surprise pour un petit déjeuner. Pas facile de cuisiner des pancakes en haute altitude mais les bagels sans gluten sont un peu lourds à porter… Plus généralement, dans de nombreuses préparations industrielles, les USA utilisent du maïs là où l’Europe met du blé. Alors, les Etats-Unis, un paradis pour les intolérants au gluten ?

Q comme la Queue sur les cordes fixes et sur l’arête sommitale du McKinley. Bien contents d’échapper un moment à la foule de la voie normale du West Buttress (jusqu’à 40 sommets par jour) en empruntant l’Upper West Rib. Une affluence potentiellement dangereuse sur les pentes sous le sommet ou encore à la descente, où la fatigue et l’altitude altèrent les capacités de quelques alpinistes par ailleurs un peu justes techniquement. La chute de certains peut en entraîner d’autres, témoin l’accident de mi-mai où un alpiniste en a entraîné trois autres dans sa chute. Bilan : deux morts, un pronostic vital réservé et un blessé grave.

Q-QueueCamp2La queue pour monter entre le camp 2 et le camp 3.

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La queue sur les cordes fixes de la voie du West Buttress.

Q-PenteSousSommetLa queue dans les pentes sous le sommet.

Q-AreteSommetCa bouchonne sur l’arête sommitale !

R comme Russe – colonie russe : À partir de 1784, les trappeurs russes établissent des comptoirs de traite permanents sur les îles Aléoutiennes et sur la côte américaine du Pacifique, jusqu’à la Californie. L’objectif est de chasser la loutre de mer, dont la fourrure se vend à prix d’or sur les marchés chinois. Comme en Sibérie, les Russes embauchent, alcoolisent et cherchent à convertir à l’orthodoxie les populations locales. On comptait environ 25000 Aléoutes à l’arrivée des Russes, mais seulement 3892 en 1885, après 122 ans de domination russe… vodka, bourbon et grippe ont eu ici les mêmes effets qu’ailleurs. Finalement, l’achat de l’Alaska par les Américains en 1867 met un terme à la présence russe en Amérique pour sept millions de dollars. Cet achat fut fait par le Secrétaire d’Etat américain W. Seward. On estime que l’Alaska à ce moment comptait 2500 russes ou métis et 8 000 aborigènes, en tout 10000 habitants, sous le commandement direct de la compagnie russe des fourrures, et peut-être 50000 Esquimaux vivant sous cette juridiction. Les Européens vivaient dans 23 lieux de peuplement, situés sur les îles ou en bordure des côtes. Les petites stations regroupaient seulement 4 ou 5 russes chargés de la collecte et du stockage des fourrures apportées par les Indiens et du ravitaillement des navires qui venaient les chercher. L’Alaska devint un Etat américain en 1959.

 

S comme Saumon : le poisson emblématique de l’Alaska. Les saumons reviennent au printemps en Alaska pondre leurs œufs avant de mourir dans les rivières. J’en ai vu beaucoup attendre dans l’Océan Pacifique, à la base des embouchures, que ces rivières soient assez fournies grâce à l’eau de fonte des glaciers. Ils font dans l’océan des bonds, parfois de plus d’un mètre ! Les pêcheurs ne sont jamais très loin. Les ours, eux, attendent que les poissons remontent les rivières pour les attraper au vol. Plusieurs types de saumon existent en Alaska :

S-Liste

Les saumons sont répertoriés dans la colonne de gauche; ils ne reviennent pas tous exactement à la même période, pour la plus grande joie des pêcheurs!

S-Saumon
Faites votre choix puis demandez au pêcheur de le préparer…

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… et il ne reste plus qu’à déguster !

S comme Séismes : L’Alaska est une grande zone sismique. Deux des trois plus violents tremblements de terre jamais enregistrés ont touché l’État américain : à Prince William Sound en 1964 (magnitude 9,2) et dans les îles Andreanof en 1957 (magnitude 9,1). Selon les spécialistes, « la tectonique de l’arc des Aléoutiennes est liée à la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque Nord-américaine, à la présence d’une fosse océanique, la fosse des Aléoutiennes et de l’arc insulaire correspondant. » La région comprend de nombreux volcans (images ci-dessous obtenues sur Internet – il ne faisait pas beau quand j’ai voulu aller voir ces volcans).

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Volcan Katmai

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Volcans Steller, Kukak et Devil’s

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Volcan Redoubt

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Volcan Mageik

T comme Transport / modes de Transport : le nerf de la guerre en Alaska.

  • L’avion bien sûr, indispensable pour desservir 80% des villes et villages qui ne sont pas accessibles autrement, surtout en hiver. L’avion au service de l’économie de l’Alaska, avec l’aéroport d’Anchorage situé à moins de 9 heures de vol de 90% du monde industrialisé. Les statistiques indiquent qu’un habitant de l’Alaska sur 58 est pilote…! Les vols intérieurs servent au frêt, au transport de passagers et répondent aussi aux urgences médicales. La cargaison peut aller d’une nouvelle génératrice destinée à éclairer un village à un cercueil sur un chemin de l’enterrement. L’avion est également utilisé par les alpinistes pour rejoindre le camp de base et par les touristes pour survoler des paysages. L’avion peut se poser sur un tarmac (roues), la neige (skis) ou l’eau (flotteurs). L’accidentologie est deux fois supérieure en Alaska du fait d’une météorologie très changeante et surtout imprévisible : il semble que l’état de l’Alaska n’ait pas beaucoup de stations météorologiques qui peuvent fournir les conditions de vol. Alors même que le territoire de l’Alaska est probablement un des milieux les plus hostiles au monde pour voler en avion : les chaînes de montagnes, les cols et les glaciers fabriquent leurs propres microclimats ; les vents rabattant et catabatiques sont fréquents et souvent violents.

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La base de Lake Hood, à Anchorage: plus grande base d’hydravions au monde (450 appareils) et des avions rangés comme au parking du supermarché; d’ailleurs, le pilote qui va se promener laisse sa voiture à la place de l’avion…

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Celui-ci est très fonctionnel: il peut atterrir sur un tarmac ou sur l’eau!

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Ceux-là sont mieux sur l’eau

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Sur les skis ou sur le tarmac… On met sa coquetterie où l’on veut… Visez les logos… Ne dites rien, je sais lequel vous préférez!

Ci-dessous, l’avion atterrit avec les skis sur la piste du camp de base du McKinley:

 

  • Le bateau : une partie de l’approvisionnement de l’Etat se fait par barges. Des déplacements d’habitants se font aussi par bateau, comme les excursions touristiques. Variante du bateau : le kayak et le raft.

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Même les camions montent sur les barges…!

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Le kayak est un sport plus risqué qu’on ne le croit

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Entre les icebergs, au pied du glacier Spencer. L’eau est à 2°. « Poussez pas, derrière… »

  • La  route. Des camions participent à l’approvisionnement et aux exportations de l’Alaska. D’un point de vue domestique, les villes étant construites à l’américaine (tirant profit de l’espace disponible), la voiture est indispensable même dans certaines villes comme la capitale Juneau qui n’est pas accessible par la route.

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Là, si vous voulez arriver à bon port, vous avez peut-être intérêt à choisir une autre voiture…

  • Le train ! Très lent mais vraiment pittoresque, il s’arrête pour vous signaler un aigle, une chèvre ou simplement une jolie photo à prendre du reflet de la montagne dans un lac (à travers des vitres sales). Les voyages sont commentés et les horaires calés avec les excursions touristiques. Une seule voie de circulation sur les 780km entre Seward et Fairbanks ; il existe des endroits bien identifiés pour se croiser.

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Le traîneau à chiens, quand il y a de la neige. Les raquettes également (cf ci-dessous).

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U comme Urine et autres déchets humains : leur gestion est strictement réglementée par les rangers du parc de Denali dans le cadre d’une politique de Clean Mountaineering (« pour une montagne propre »), qui permet, outre le respect de l’environnement, de pouvoir trouver toute la saison de la neige propre que l’on fait fondre pour obtenir l’eau essentiel à la cuisine et à la réhydratation. L’urine doit être « déposée » dans des endroits strictement réservés à cet effet. Les autres déchets doivent occuper des sacs biodégradables (en maïs) qui tapissent les bords de petits containers, les CMC (Clean Mountaineering Cans) dont on ne se sépare sous aucun prétexte. A chaque camp sur la voie normale du West Buttress, une crevasse a été désignée pour que les grimpeurs y jettent leurs sacs pleins.

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Un essai de photo artistique sur un sujet qui ne l’est pas du tout.

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Le CMC dans son environnement naturel : entre deux tentes (une deuxième tente est juste derrière la rouge), en attendant de rendre service.

V comme Vent : omniprésent en montagne, souvent fort voire violent. Le principal ennemi des pilotes et des alpinistes parce qu’il rend toute chose tellement plus compliquée voire dangereuse. Un vent à 80km/h déstabilise une personne, qui doit s’accrocher à quelque chose pour ne pas tomber ou être emportée : imaginez alors grimper… ! On cherche alors refuge dans les camps où on construit des murs de neige autour des tentes, de telle sorte que le vent est sensé passer au-dessus des tentes. Essayez de dormir avec un vent de cette force qui hurle et secoue la tente…

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Tous aux abris…

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… mais les abris sont-ils vraiment solides?

W comme WildLife (vie sauvage) : on n’est certes pas en Antarctique pour la densité d’oiseaux ou à Hawaï pour le comportement extraverti des baleines, mais la vie sauvage est intéressante en Alaska. Outre les saumons et les ours précédemment mentionnés, j’ai pu assister à une véritable fête des baleines à bosse dans le Golfe d’Alaska. Je n’ai pas pu compter les phoques dans le fjord de Tracy Arm, à la base du glacier South Sawyer qui vêle de gros glaçons sur lesquels les animaux se reposent et donnent naissance à leurs jeunes. Des loutres de mer ont fait un show dans Resurrection Bay (Seward), ravies d’avoir un public conquis. Les aigles (pygargues à tête blanche), emblème des Etats-Unis, sont perchés sur les arbres pour repérer les proies potentielles. Les otaries sont vautrées sur les rochers bordés par l’Océan et quelques chèvres de montagne se promènent sur d’improbables sentes au-dessus ou au milieu d’abruptes falaises.

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Beau specimen de baleine à bosse

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Qu’est-ce qui est mieux qu’une baleine à bosse? Deux baleines à bosse! (on a en même vu trois côte à côte, je vous épargne la photo)

600x450-ct264 600x450-ct267 600x450-ct270Arghhhh…. la queue de la baleine à bosse! Terrible!

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La maman phoque veille sur son jeune (dodu, le jeune…)

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Première leçon de natation?

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La mise à l’eau est peu flatteuse…

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Image à capturer en instantané, tant les phoques restent peu de temps en surface

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La loutre de mer, elle, reste longtemps en surface et fait parfois un véritable show!

D’ailleurs, en vidéo:


Le macareux, qui bat des ailes à une vitesse incroyable pour parvenir à voler. Ces oiseaux, qui se nourrissent de la pêche et savent donc plonger et nager, ne volent pas bien.

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Les eiders

 

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La cousine de la chèvre de Monsieur Seguin. Gageons que celle-ci ne craint pas le loup, vu les endroits escarpés où elle gambade: en général, d’improbables tâches de verdure au milieu de falaises abruptes surplombant l’océan.

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Cet aigle, fier emblème des États-Unis, vous a à l’œil, comme toute proie éventuelle qui se présenterait

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Y comme Yacht géant : ces véritables villes flottantes qui promènent entre deux et quatre mille passagers depuis Vancouver ou Seattle le long des côtes canadiennes et d’Alaska jusqu’à Kodiak ou Anchorage. Ils s’arrêtent dans quelques ports, où les passagers débarquent tous en même temps, au mieux pour profiter de quelque activité proposée par des agences locales, au pire pour passer la journée en shopping. Juneau, capitale de l’Alaska avec 30000 habitants environ, accueille ainsi certains jours jusqu’à six bateaux !

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Quatre bateaux ce jour-là dans le port de Juneau. Pour ceux qui voudraient se reconvertir, il y a un marché!

 

Z comme Zen attitude : en montagne ou ailleurs, principalement à cause de la météo : en Alaska, rester zen ! Le mot d’ordre est donné !

 

L’Alaska, encore si sauvage… Pour le plaisir des yeux, pas celui du portefeuille. A consommer sans modération, sauf par les grimpeurs (surtout s’ils sont délicats).

6 thoughts on “Un séjour en Alaska de A à Z (part 2)

  1. salut Hervé! Merci pour ton message et bonjour à la famille! Je pars cette semaine dans les Alpes où j’espère faire quelques belles croix (Oisans, Chamonix, Suisse), avant de partir en Inde début
    septembre. Bonnes vacances à vous!

  2. Salut Marion, bon, je suis comme un naze derrière mon écran sur mes dettes LBO en crevant d’envie de faire le millième de ce que tu réalises! C’est quoi le prochain sommet??? ;-))) Je vais regarder
    ton programme. A bientôt.

  3. Tes photos, vidéos et commentaires sont toujours aussi époustouflants ! merci de nous faire partager ce voyage extraordinaire.
    Amitiés.
    Nelly & Luc

  4. Merci pour l’info! L’image avec le kayakiste est, je crois, le produit d’un infâme montage…! Cette image remplace celle que je ne suis pas arrivée à prendre: un saumon bondissant manquant de se
    fracasser la tête sur mon kayak…

  5. Bonjour Marion,

    Ton canard, c’est le King Eider Duck (Eider roi).

    Tes photos et videos toujours magnifiques !

    Mais qu’est devenu le kayakiste après son baiser de la baleine ?

    Profite bien de ton trip alaskien!

    Michka s’envole pour Anchorage dimanche, puis MacCarthy, puis ……

    Amitiés !

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